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Dimension

La notion de dimension est empruntée à Hjelmslev et plus précisément aux dernières pages de La catégorie des cas. Le terme n’apparaît qu’une fois dans lesProlégomènes (p. 127). Il permet à Hjelmslev d’organiser un «domaine sémantique» avant sa prise en charge par une structure particulière. S’il fallait à tout prix fournir un équivalent dans l’approche greimassienne, ce sont les couples [vie vs mort] et [nature vsculture] qui s’en approcheraient le plus. Du point de vue tensif, l’intensité et l’extensitésont, par commodité, désignées comme des dimensions [Di] et [De]. L’analyse d’une dimension dégage des sous-dimensions que nous désignons par des minuscules. L’analyse de l’intensité a, sous bénéfice d’inventaire, pour aboutissantes le tempo [d1] et la tonicité [d2]; celle de l’extensité, la temporalité [d3] et la spatialité [d4], soit simplement:

Le principe est le suivant: les relations entre sous-dimensions sont contrôlées par la relation, plus précisément la rection, entre les dimensions. Dans l’état actuel de la recherche, les relations “horizontales” entre les sous-dimensions peuvent être ainsi résumées:

Diagramme

Par diagramme, nous entendons la représentation graphique conventionnelle de l’espace tensif pour laquelle l’axe des ordonnées correspond à l’intensité et l’axe des abscisses à l’extensité. Les minima respectifs de l’intensité et de l’extensité sont /faible/ et /concentré/, les maxima, /éclatant/ et /diffus/, soit :

Dans l’état actuel de la recherche, le paradigme des schémas possibles comporte deux cas: celui de la corrélation inverse et celui dela corrélation converse:

Tout élémentaire qu’il soit, ce dispositif présente plusieurs avantages d’ordre cognitif. Il permet de figurer les directions sémiotiques prévalentes, puisque l’ascendance est en concordance avec la corrélation converse, la décadence avec la corrélation inverse. Il visualise à moindres frais la complexité de la valeur tensive [V1]; sa résolution en valences est obtenue par projection de la valeur sur les deux axes mentionnés, [vi] pour la valence intensive, [ve] pour la valence intensive; soit:

Au passage, le diagramme permet de “voir” la relation du défini à ses définissantes puisque les valences en vertu de leur dualité, de leur altérité, sont les définissantes de la valeur:

Le troisième avantage que nous entrevoyons, c’est d’avérer [V1] comme vecteur du point de vue syntagmatique, de visualiser en somme son déjà [V0] en amont et son pas encore[V2] en aval; soit:

Le dernier avantage que nous entrevoyons consiste dans la correspondance entre le diagramme et la problématique de la définition sémiotique: la valeur [V] ayant pour définissantes [vi] et [ve], le diagramme visualise la définition dans l’exacte mesure où la définition catégorise le diagramme. Nous terminerons cet examen succinct sur une interrogation: d’où vient que le diagramme soit plus “parlant” que l’énoncé verbal? Si l’énoncé verbal est tributaire de la linéarité saussurienne, le diagramme n’est pas dans ce cas et projette – c’est notre sentiment – une simultanéité heuristique.

Démarcation

La démarcation et la segmentation sont les deux fonctifs présupposés par l’analyse pour autant que le dégagement d’une dépendance entre et doit d’abord isoler et b: «L’entité linguistique n’est complètement déterminée que lorsqu’elle est délimitée, séparée de tout ce qui l’entoure sur la chaîne phonique. Ce sont ces entités délimitées ou unités qui s’opposent dans le mécanisme de langue.» (Cours de linguistique générale, p. 145). Par convention, la démarcation traite des limites, la segmentation s’occupe des degrés. Dans l’approche tensive, les limites deviennent des sur-contraires, les degrés des souscontraires. Du point de vue paradigmatique, le nombre des limites est deux, tandis que le nombre des degrés est libre en droit, mais de fait sous le contrôle du tempo: la lenteur est analytique et détaille, tandis que la vitesse efface les degrés. Pour fixer les idées, l’imparfait français dit d’habitude et de description permet à l’observateur, en vertu du ralentissement qu’il subsume, de prendre son temps et de “se perdre” dans les détails. Ce qui revient à dire que la segmentation est en affinité avec le parvenir, la démarcation en affinité avec le survenir. Rapportées l’une à l’autre, la démarcation et la segmentation produisent, indépendamment des contenus traités, deux effets de sens majeurs: (i) l’excès prend corps lorsque dans un univers de discours stabilisé, les limites deviennent des degrés; (ii) le manque prend corps lorsque, de façon symétrique et inverse, les degrés deviennent des limites. Dans la perspective tensive, la segmentation et la démarcation reçoivent deux compléments: (i) en ascendance, la segmentation est solidaire du relèvement, la démarcation solidaire du redoublement; (ii) en décadence, la segmentation est solidaire de l’atténuation, la démarcation solidaire de l’amenuisement.Au niveau hypotaxique, la segmentation et la démarcation sont, en raison de leur appartenance à l’espace tensif, descriptibles en termes de phorèmes.

(voir phorèmedirectionintervalle)

Définition

La définition occupe une place à part puisque, dans le cas des sciences dites humaines, la théorie, incapable dans l’état actuel de la recherche de formuler des lois autorisant de bonnes prévisions, en est réduite à proposer des définitions pertinentes des grandeurs qu’elle retient. Mais en même temps, dans la perspective hjelmslevienne, la définition relève de la théorie, si bien que la définition de la définition est à envisager, sans réduire ce cas à l’exercice de la récursivité: «Définition: division du contenu ou de l’expression d’un signe.» (Déf. 42 dans les Prolégomènes). La centralité de la définition peut être affirmée en compréhension comme en extension: (i) en compréhension, la définition est solidaire de l’analyse, c’est-à-dire de la sémiotique en tant que praxis,puisque celle-ci est donnée comme un «complexe d’analyses, ou un complexe de divisions» (Prolégomènes, p. 45); elle est donc solidaire de la complexité puisqu’on ne voit pas qu’une analyse puisse porter sur autre chose qu’une complexité ou sur une«intersection de faisceaux de rapports.» (Prolégomènes, p. 36); (ii) en extension, dans la mesure où la définition est partie prenante d’un système de définitions, dont Hjelmslev lui-même admet l’«outrance», elle n’est pas confinée dans un chapitre ou un sous-chapitre de la théorie, mais devient coextensive à la théorie, que pour ainsi dire elle mesure. Cette primauté vaut en principe pour le point de vue tensif à deux égards: (i) l’espace tensif est constitué par le recoupement de l’intensité et de l’extensité et le rabattement de  elle-ci sur celle-là; (ii) par continuité d’hypothèse, une valeur sémiotique associe une valence intensive régissante et une valence extensive régie, que l’analyse a justement pour tâche d’isoler. Dans le premier cas cas, les grandeurs que l’analyse dégage deviennent les catégories directrices du système, dans le second, les caractéristiques des unités locales; la valeur a ainsi pour définissantes les valences intensive et extensive qu’elle conjoint. Cette dénivellation procure au point de vue tensif sa profondeur sémiotique .

(voir diagrammeanalyseinterdéfinition)

Décadence

Entre la décadence et l’ascendance, la balance est loin d’être égale. Dans les analyses concrètes, la décadence prévaut largement. Pour quelles raisons ? Nous ferons état de trois suggestions: (i) la place que le point de vue tensif accorde à la détonation saisissante de l’événement est en concordance avec la décadence prochaine de l’éclat immanent à l’événement; (ii) selon G. Deleuze dans Différence et répétition, toute intensité est promise, si aucun contre-programme efficace n’est prévu, à son annulation; (iii) la corrélation inverse, laquelle a pour limites le moins de plus et le plus de moins, est manifestement sous l’autorité d’un mystérieux principe de constance en vertu duquel l’intensité décroît comme en se divisant, en se distribuant, comme si la valeur était un quotient, l’intensité un dividende et l’extensité un diviseur.

(voir ascendancedirection)

Corrélation

Dans la perspective hjelmslevienne, la corrélation, c’est-à-dire la fonction«ou… ou…», fait couple avec la relation, c’est-à-dire la fonction «et… et…». Le point de vuetensif déplace cette disposition et distingue entre la corrélation converse: «plus… plus…»et «moins… moins…», et la corrélation inverse: «plus… moins…» et «moins… plus…». À ce seul égard, le point de vue tensif est plus proche de Brøndal que de Hjelmslev. La corrélation est l’expression opératoire de l’ascendance et de la décadence: l’ascendance fait intervenir le moins de moins et le plus de plus, tandis que la décadence met en œuvre le moins de plus et le plus de moins.

(voir diagramme)