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Espace tensif

L’espace tensif se présente à la fois comme un modèle hiérarchique pour les catégories supposées pertinentes et comme une représentation spatiale commode des états et des événements advenant dans le champ de présence. Nous l’envisagerons du point de vue paradigmatique et du point de vue syntagmatique. Du point de vue paradigmatique, l’espace tensif comprend deux axes: (i) en ordonnées, un axe de l’intensité sur lequel sont portés les états d’âme affectant les sujets; (ii) en abscisses, un axe de l’extensité sur lequel est portée la consistance variable des états de choses. Du point de vue syntagmatique, l’axe de l’intensité, tourné vers le sujet, est régissant, l’axe de l’extensité, régi. Une complémentarité obscure sous-tend les effectuations advenant dans cet espace: du point de vue de la rection, l’axe de l’intensité a le pas sur l’axe de l’extensité, tandis que du point de vue de la manifestation l’axe de l’extensité s’impose comme manifestante, l’axe de l’intensité comme manifestée. Toujours au chapitre des énigmes: les corrélations inverses, c’est-à-dire reposant sur le renversement des valences, prévalent sur les corrélations converses, mais il est impossible en l’état actuel de dire si cette prévalence est diachronique, c’est-à-dire conditionnée, ou achronique, c’est-à-dire inconditionnée. Soumis à la loi commune, l’espace tensif demande une unité discrète, une unité de compte pour l’intensité, de décompte pour l’extensité. Le sème, unité de description, n’a pas cette destination. Par décalque de la démarche adoptée par Saussure dans les Principes de phonologie et dans les manuscrits, nous imaginons que, pour les deux dimensions indiquées, le plus et le moins en raison de leur transitivité; plus de moins, moins de plus, et de leur réflexivité: plus de plus, moins de moins, peuvent produire comme des “syllabes” tensives élémentaires ayant vocation à soutenir des directions tensives de plus grande amplitude. Le mérite de l’espace tensif est double: en premier lieu, il permet le recours au diagramme; en second lieu, il “montre” la réciprocité des réseaux et des diagrammes. L’analyse des deux directions tensives, l’ascendance et la décadence, aboutit de fait au recoupement de leur morphologie et de leur syntaxe:

Il est possible de porter sur un diagramme à une seule dimension ces différents postes:

Les déplacements dans l’espace tensif se laissent aisément décrire: pour les valeurs V1 et V2, deux possibilités apparaissent :

• décadence de V1 vers V2 ~=[moins de plus] + [plus de moins];

• ascendance de V2 vers V1 ~=[moins de moins] + [plus de plus].

Ce que ce diagramme laisse échapper, ce sont les asynchronismes générateurs de devancements et de retards.

(voir extensifextensitéintensitédiagrammeréseau)