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Homogénéité

Dans l’approche hjelmslevienne, l’homogénéité présente deux caractéristiques dont le rapprochement fait problème. D’un côté, elle est le répondant de la cohésion systémique: «Le facteur particulier qui caractérise la dépendance entre la totalité et les parties, qui la différencie d’une dépendance entre la totalité et d’autres totalités et fait que les objets découverts (les parties) peuvent être considérées comme intérieurs et non extérieurs à la totalité (c’est-à-dire au texte), semble être l’homogénéité de la dépendance: toutes les parties coordonnées résultant de la seule analyse d’une totalité dépendent de cette totalité d’une façon homogène.» (Prolégomènes,p. 43). D’un autre côté, l’homogénéité fait partie de la première liste des quatre«indéfinissables»«description, objet, dépendance, homogénéité» (p. 44); à la page 51 trois autres «indéfinissables» sont mentionnés: «présence, nécessité, condition». Caution de la cohérence du système de définitions qui résume l’ouvrage, l’homogénéité en est exclue! L’homogénéité est en apparence tributaire des aboutissants de l’analyse, mais en apparence seulement: l’analyse à son tour dépend de l’objet préférentiel que l’analyste se donne; la sémiotique greimassienne ayant promu le «schéma narratif» (Sémiotique 1, pp. 244-247) comme matrice et mesure du sens, l’homogénéité mise en avant à cette date était “forcément” d’ordre narratif; dans cette perspective, le parcours génératif devenait quelque peu le “gendarme” et le garant de cette narrativisation du sens; ainsi conçue, l’homogénéité tient davantage du fait que du droit. Du point de vue tensif, ce qu’il faudrait faire valoir, ce serait plutôt une certaine élasticité du sens. À un double titre. Si l’espacetensif renvoie à la rection de l’extensité par l’intensité, la concession, avérée comme possibilité indéfinie pour le sens de se déjuger et/ou de se dépasser, tantôt fomente un terme complexe qui voit telle grandeur coexister avec son déni conformément au principe de participation défendu par Lévy-Bruhl et Hjelmslev; tantôt défait un terme complexe particulièrement congru. En un mot, l’un des secrets du sens réside peut-être dans cette ressource qui, selon une visée synérétique, transcende, sublime? le «ou…ou…» en «et… et…»: bien que «ou… ou…», pourtant «et… et…». Ou selon une visée cette fois diérétique: bien que «et… et…», pourtant «ou… ou…». En second lieu, l’homogénéité systémique suppose que les catégorisantes de plus grande amplitude sont de même teneur que les définissantes des unités, lexèmes ou morphèmes. Sans cette réciprocité, il faudrait avouer une schizie donnant lieu à deux systèmes: le premier pour les catégorisantes, le second pour les définissantes, ce qui serait manquer au principe de simplicité cher à Hjelmslev. L’affirmation, ou le pari de l’homogénéité suppose que les différences entre les grandeurs ne soient que des différences de point de vue: «(…) le système consiste en catégories dont les définitions permettent de déduire les unités possibles de la langue.»(Prolégomènes, p. 123)