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Interdéfinition

L’interdéfinition est une notion capitale pour et dans la théoriehjelmslevienne, indifférente sinon. Aux yeux de l’auteur des Prolégomènes, l’interdéfinitionconsiste à «pousser aussi loin les définitions aussi loin que possible, et introduire partout des définitions préalables avant celles qui les présupposent.» (Prolégomènes, p. 33); Hjelmslev lui-même parle d’«outrance.» À ses yeux, l’interdéfinition répond de la scientificité de la théorie. Ce souci définit un style théorique qui pose un centre, désigné comme une«constance concentrique», à partir duquel, telles des ondes sur l’eau, les catégories se déploient et assimilent les grandeurs qu’elles rencontrent et qu’elles capturent. Du point de vue discursif, l’exigence de l’interdéfinition s’appuie sur plusieurs arguments: (i) le rejet des axiomes et postulats qui circulairement sont jugés extrinsèques; (ii) l’affirmation raisonnable de l’homogénéité, puisque les rapports significatifs ne sont que des rapports de dépendance ou d’interdépendance; (iii) la conviction que le procès respecte les possibilités et les limites que le système prévoit. L’implication demeure la pièce maîtresse, et seule, la«constellation», c’est-à-dire la relation entre deux variables, ménage une place à la concession. Toutes les théories entendent contrôler leur “amont” et leur “aval”. Pour ce qui concerne l’“amont”, Hjelmslev reconnaît honnêtement l’existence de quatre concepts«indéfinissables spécifiques»description, objet, dépendance, homogénéité, puis de trois concepts «indéfinissables non spécifiques»présence, nécessité, condition. Pour ce qui regarde l’“aval”, c’est-à-dire quand il s’agit d’appliquer la théorie, Hjelmslev rencontre autant de difficultés qu’un autre comme on peut le voir dans les dernières pages de La catégorie des cas. Seul Hjelmslev a réussi à fondre, à homogénéiser deux problématiques: celle de l’interdéfinition et celle de la «constance concentrique». Pour l’entreprisegreimassienne, nous dirons qu’elle produit des définitions rigoureuses, mais si des renvois pertinents sont indiqués dans Sémiotique 1, cela tient à la prégnance de la «constance concentrique» adoptée, à savoir la formalisation de la narrativité proppienne. La démarchehjelmslevienne n’est pas à nos yeux reproductible, celle de Greimas l’est en droit puisqu’elle demande seulement l’adoption de telle «constance concentrique», comme on le voit avec l’inconscient freudien ou la lutte des classes dans le cas du marxisme orthodoxe.

(voir définitionextensif)