Arquivo da tag: Intervalle

Intervalle

Sans l’avoir recherché, le point de vue tensif est amené par diverses voies à user de la notion d’intervalle. Au moins en trois circonstances; (i) la dépendance des unités signifiantes à l’égard des phorèmes (la direction, la position, l’élan) nous a conduit à préférer la notion de vecteur à celle de trait, et cette substitution est en concordance avec la notion d’intervalle; (ii) la tension entre la démarcation, “mère” des limites, et la segmentation, “mère” des degrés, affirme d’emblée la pertinence du concept d’intervalle; la tension entre les sur-contraires et les sous-contraires va dans le même sens, puisque les sous-contraires sont compris “dans” les sur-contraires; (iii) les analysantes respectives des dimensions sont transitives et projettent des intervalles simples et “stabilisables”:

intervale

(voir phorèmedémarcationévénementsegmentation)La notion d’intervalle demeure, nous semble-t-il, sous-estimée. Mesure gardée: si le point de vue s’avère consistant, la notion d’intervalle pourrait devenir son ”drapeau”, de même que le terme de “différence” résume l’entreprise saussurienne, celui de “dépendance” l’entreprise hjelmslevienne, celui d’“opposition” l’entreprise greimassienne. La notion d’intervalle concourt à l’inconciliation des points de vue et des formes de vie: le monde “médiocre” des sous-contraires [s2 ÷ s3] s’oppose, sous le double rapport de l’intensité et de l’extensité, c’est-à-dire du vécu et du conçu, au monde “exaltant” des surcontraires [s4÷ s1]; les valeurs immanentes au monde des sous-contraires ne sont pas recevables dans le monde des sur-contraires, comme ce raccourci de Valéry l’indique: «Le monde ne vaut que par les extrêmes et ne dure que par les moyens… Il ne vaut que par les ultras et ne dure que par les modérés.» (Cahiers, tome 2, p. 1368). Dans la même perspective, c’est le partage de l’explicable et de l’inexplicable qui s’esquisse: si un événement s’inscrit dans un univers admettant les sur-contraires, la rationalité imaginée pour traiter un univers de sous-contraires est récusée au nom de la disproportion: le monde du plus ou moins n’est pas qualifié pour dire le monde du tout ou rien – et réciproquement.