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Structure

La notion de structure appartient davantage à Hjelmslev qu’à Saussure. La définition de la structure est formulée dans les premières lignes de l’étude intituléeLinguistique structurale«On comprend par linguistique structurale un ensemble derecherches reposant sur une hypothèse selon laquelle il est scientifiquement légitime de décrire le langage comme étant essentiellement une entité autonome de dépendances internes, ou, en un mot, une structure.» (Essais linguistiques, p. 28). La définition avancée dans Sémiotique présente deux écarts qui ne sont certainement pas le fait du hasard: «(…) on considérera la structure comme une entité autonome de relations internes, constituées en hiérarchies.» (Sémiotique 1, p. 361). La première différence porte sur la substitution de “relations” à “dépendances”. L’œuvre de Hjelmslev étant de loin la principale référence théorique de Sémiotique 1, n’est-il pas surprenant que cet ouvrage ignore par ailleurs le terme de “dépendance”? Greimas se méfie du terme de “dépendance” dans l’exacte mesure où Hjelmslev se méfie de celui d’“opposition”… La seconde différence consiste dans l’ajout du segment: “constituées en hiérarchies”. Puis, dans l’étude indiquée, Hjelmslev reprend en les analysant un à un les termes de la définition proposée. À propos de l’adjectif “autonome”, nous lisons: «Ici notre hypothèse s’oppose à n’importe quelle hypothèse qui considère le langage comme étant essentiellement fonction d’autre chose.»Dans les termes des Prolégomènes, il s’agit de savoir si le langage est «un tout qui se suffit à lui-même.» Cette question est appelée à durer, puisque la réponse que l’on avance décide du statut de chaque discipline. La réponse autoritaire de Hjelmslev ne va pas pourtant pas sans difficultés: d’un côté, le langage est posé comme le creuset des significations : «Le langage est l’instrument grâce auquel l’homme façonne sa pensée, ses sentiments, ses émotions, ses efforts, sa volonté et ses actes, l’instrument grâce auquel il influence et est influencé, l’ultime et le plus profond fondement de la société humaine.» (Prolégomènes, p. 9); mais d’un autre côté, par un renversement quasi pascalien, cette puissance “poïétique” est inversement proportionnelle à la viduité sémantique de la structure: «Il ne faut donc attendre de cette procédure déductive ni une sémantique, ni une phonétique mais, tant pour l’expression de la langue que pour son contenu, une “algèbre linguistique” qui constitue la base formelle pour le rattachement des déductions de substance non linguistique.» (Prolégomènes, pp. 123-124). En forçant le trait: le langage peut tout, parce qu’il n’est rien. S’il faut insister à ce point sur cette autonomie, c’est assurément parce qu’elle est problématique, c’est-à-dire qu’il est tout aussi raisonnable d’affirmer que le mythe présuppose le langage que l’inverse, à savoir que le langage présuppose le mythe, mais sous un rapport différent ainsi que l’indique Cassirer: «Dans leur ensemble, elles (les formes symboliques) n’apparaissent pas d’emblée comme des configurations séparées, existant par soi et identifiables, mais se détachent très progressivement d’une terre commune, le mythe. Tous les contenus de l’esprit, quand bien même nous devons leur attribuer un domaine propre d’un point de vue systématique et leur donner pour fondement un propre “principe” autonome, ne nous sont d’abord donnés, à titre de faits, que dans cette interpénétration.» (Langage et mythe, p. 61). Cassirer insiste également sur le fait que le dire intéresse au moins autant le faire que le concevoir«(…) elle (la forme de la réflexion) ne reçoit pas ses impulsions essentielles du seul monde de l’être, mais toujours aussi du monde de l’agir.» (La philosophie des formes symboliques, tome 1, p. 255). Sans traiter au fond la question, nous estimons que Hjelmslev donne partiellement raison à Cassirer lorsqu’il introduit, à la seule fin de faire une place au «principe de participation» cher à Lévy-Bruhl, le terme complexe [[a] vs [a + non-a]]: sur ce point, le mythe “inspire” le linguiste. Dans cette “ténébreuse affaire”, le point de vue tensif s’efforce de “ménager la chèvre et le chou” en proposant un compromis. À l’égard de la demandehjelmslevienne, il assume l’exigence de pousser aussi loin que possible le primat des rapports: «Elle (l’hypothèse) veut qu’on définisse les grandeurs par les rapports et non inversement.» (Essais linguistiques, p. 31). Mais ces rapports sont non seulement qualifiés en termes de dépendances, mais également sinon quantifiés, du moins quantifiables en termes de plus et de moins. À l’égard de “l’humanisme” de Cassirer, nous insisterons sur le retentissement sémiotique de la dualité des modes d’efficience retenus [survenir vsparvenir]:

 structure

Le chassé-croisé qui définit les deux modes d’efficience demande la relativité de l’intensité et l’extensité: (i) la démesure toujours possible du survenir-subir demande un “appareil” susceptible d’être excédé, “débordé”, ce que la centralité du tempo et de la tonicité autorise; (ii) la sphère du parvenir-agir demande pour sa part un “appareil” permettant l’alternance et la commutation de l’ici-maintenant inhérent au survenir avec le là-plus tardinhérent au parvenir.

(voir parvenirsurvenirespace tensif)