Arquivo da tag: Tensivité

Tensivité

La tensivité n’est rien d’autre que la relation de l’intensité à l’extensité, des états d’âme aux états de choses. Pour autant qu’on puisse l’entrevoir, la raison d’être d’un système, sémiotique ou non, réside dans le contrôle, la grammaticalisation d’une altérité: entre procès et système pour Hjelmslev, entre syntaxe et sémantique pour Greimas. Il est question d’établir entre deux entités plurielles, nombreuses, des échanges, une circulation, de fixer les règles grammaticales d’une bonne “communication”. Ce qui suppose que les deux entités soient analysables en unités stabilisées, comme le précise Saussure dans les pages définitives qu’il consacre à la centralité de la valeur dans le CLG. C’est en ce sens que, par raccourci, il nous est arrivé d’écrire que la tensivité n’était que le commerce de la mesure intensive et du nombre extensif. En effet, à l’instar des notes en musique, nos affects sont d’abord, peut-être seulement la mesure des transformations que les événements provoquent en nous, tandis que sur la dimension extensive, celle des états de choses, nous procédons, à partir des classifications propres à notre univers de discours, à des transferts d’une classe à l’autre conduisant à des dénombrements plus ou moins précis: faut-il inclure, comme beaucoup de sociétés se sont posé la question, les insectes dans la classe des animaux? le vent dans la classe des êtres animés?

(voir intensitéextensité)

Complexité

Le terme de complexité est pour le moins équivoque. Indépendamment de sa relation synonymique courante avec “compliqué”, trois acceptions distinctes sans être toutefois étrangères les unes aux autres peuvent être relevées. En premier lieu, si le faire sémiotique consiste en une suite ordonnée d’analyses, l’objet qui se prête à ces opérations est une complexité circulairement posée comme… analysable. À cette entité complaisante, Hjelmslev donne dans les Prolégomènes le nom de «fonction»«Une dépendance qui remplit les conditions d’une analyse sera appelée fonction.» (Prolégomènes, p. 49). En second lieu, Greimas, à la suite de V. Brøndal, prévoit en plus des termes dits simples deux termes résultant d’une composition: le terme complexe proprement dit: [s1 + s2] et le terme neutre: [non-s1 + non-s2]. Si le carré sémiotique propose des parcours reliant entre eux les termes simples, ces parcours ignorent, sauf méconnaissance de notre part, le détour par les termes complexe et neutre. Pour enrichir encore le paradigme de la complexité, Hjelmslev, dans le dessein de tenir compte des travaux des anthropologues (Mauss, Lévy-Bruhl, Howitt), introduit le “principe de participation” en mesure de surmonter et de subvertir l’opposition: [A vs non-A] en recevant: [A vs [A + non-A]] (La catégorie des cas, p. 102). La complexité est capitale pour l’hypothèse tensive. À partir des développements majeurs que Cassirer consacre au «phénomène d’expression» dans La philosophie des formes symboliques, nous recevons la tensivité comme le lieu imaginaire où l’intensité et l’extensité, respectivement le sensible et l’intelligible, effectuent leur jonction. En second lieu, si le tri et le mélange ressortent comme les opérationsprévalentes sur la dimension de l’extensité, cela tient nécessairement à la complexité canonique des objets accédant au champ de présence. Enfin, au lieu d’imaginer les termes complexes à partir des termes simples, nous envisageons les termes simples à partir des termes complexes: tous les termes sont complexes, mais non de la même façonS: un terme simple compose une valence plénière et une valence nulle, catalysable au nom de l’hypothèse directrice adoptée. Indépendamment de cette approche, on peut dire que, ntermes simples étant donnés, le nombre des termes complexes possibles est inférieur d’une unité à n.

(voir définitiontrimélangephorème)